The WILL to lead : le leadership féminin au barreau

The WILL to lead : le leadership féminin au barreau

De plus en plus de femmes embrassent la carrière d’avocate, mais beaucoup d’entre elles quittent le métier au bout de quelques années. Chacune le fait pour ses propres raisons. Mais pourquoi la progression vers les postes de direction reste-t-elle si difficile ? Et comment faire bouger les choses ?

Lors d’une conversation à cœur ouvert, les associées Eline Alders, Jasmina Sadek et Julie Jamaer nous font part de leur vision du leadership au féminin, de leurs expériences au sein du cabinet et de l’impact du programme WILL (Women in Law & Leadership), un trajet de formation qui soutient les femmes avocates grâce au coaching et au développement stratégique.

Bonjour mesdames, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel est votre rôle au sein de Monard Law ?

Eline : « Je travaille depuis 10 ans chez Monard Law, au sein de l’équipe Corporate. Mes domaines de prédilection sont le droit des sociétés et le secteur des soins de santé. J’accompagne des clients nationaux et internationaux lors de transactions, de structurations et de négociations. »

Julie : « Depuis 2016, je fais partie du département de droit pénal et je suis spécialisée dans le droit pénal des entreprises. J’assiste notamment les sociétés et les administrateurs lors des procédures pénales et des audiences de police. Je suis aussi assistante à la KU Leuven. »

Jasmina : « Moi, je travaille pour Monard Law depuis plus de huit ans et je suis spécialisée dans le droit immobilier. J’accompagne des promoteurs immobiliers, des investisseurs, des acteurs du bâtiment et des entreprises publiques dans la structuration et la réalisation de leurs projets immobiliers. »


Een vrouw met lang donker haar en een bril staat binnen naast een glazen wand. Ze draagt een mouwloze gebreide top en rok in beige tinten, en kijkt met een rustige glimlach in de verte. Haar reflectie is zichtbaar in het glas.Qu’est-ce qui vous a poussées à devenir avocates ?

Eline : « Mon parcours était plutôt atypique : j’ai d’abord achevé une formation économique, puis j’ai délibérément opté pour des études complémentaires en droit. Le métier d’avocat se situe à mi-chemin entre la stratégie, les relations humaines et la prise de décisions. Je trouve ça super intéressant. »

Julie : « Moi, c’est surtout l’aspect social qui m’a séduite. Quand j’étais étudiante, je trouvais déjà passionnant le côté humain du droit. Le métier d’avocat, et plus précisément le droit pénal, en est une illustration concrète. »


Votre carrière montre qu’il est tout à fait possible, pour une femme, d’évoluer au sein de la profession juridique. Quels défis rencontrez-vous ou constatez-vous chez d’autres femmes du métier ?

Jasmina : « Même si beaucoup de jeunes femmes entrent au barreau, elles sont malheureusement nombreuses à abandonner le métier au bout de quelques années. C’est dommage, car à cause de ça, une grande partie des talents féminins ne sont pas exploités dans le métier. L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée y est certainement pour quelque chose. La forte disponibilité qu’exige le métier se concilie difficilement avec une famille. Beaucoup de femmes ont l’impression que le désir d’enfants n’est pas une option au sein de la structure de travail actuelle, ce qui les incite à croire qu’elles doivent le remettre à plus tard. Mais il est important de comprendre que nous ne devons pas forcément suivre le même parcours que nos collègues masculins. Chez Monard Law, tout le monde a la possibilité de suivre sa propre voie. »

Julie : « L’évolution des femmes vers les fonctions dirigeantes reste effectivement un défi. Mais les structures sont aussi en train de changer. C’est la raison pour laquelle les modèles féminins revêtent une importance capitale. Chez Monard Law, nous avons par exemple une femme CEO. »

Eline : « À mes yeux, le problème ne réside pas tant dans les plafonds explicites que dans certaines attentes et habitudes. Dans les salles de réunion où l’on est la seule femme, on ressent parfois une pression subtile qui pousse à s’imposer « comme un mec ». Les femmes assument aussi souvent spontanément la responsabilité de la préparation, de la structure et des aspects humains. Ce sont des éléments pas toujours visibles, mais essentiels au bon fonctionnement d’un cabinet. »

Julie : « Nous devons oser laisser de côté l’image classique que nous avons du leadership. »


Een vrouw met lang lichtbruin haar staat rechtop in een lichte ruimte, met haar handen voor zich gevouwen. Ze draagt een witte blouse met pofmouwen en een beige broek, en glimlacht naar de camera.Jasmina vient de souligner combien il est important de suivre sa propre voie. Comment cela se traduit-il au sein du cabinet ? Quelles initiatives prend Monard Law pour soutenir les femmes dans leur carrière d’avocates ?

Jasmina : « C’est surtout la flexibilité qui est frappante au sein de notre cabinet. Le télétravail est possible et la situation personnelle de chacun et chacune est prise en compte. En tant que maman, je dispose ainsi d’une énorme marge de manœuvre pour organiser mes journées. »

Julie : « Chez Monard Law, différents parcours professionnels sont possibles. Il n’y a pas de date limite pour décider de devenir associé, ce qui permet d’adapter sa carrière à son rythme, à ses ambitions et à ses objectifs personnels. Cette liberté n’est pas une évidence dans tous les cabinets. »

Eline : « Il y a de la confiance et on a la liberté de suivre la voie qu’on s’est choisie. Par ailleurs, Monard Law mise sur l’accompagnement, des évolutions de carrière transparentes et des programmes comme WILL, qui donnent un coup de pouce bienvenu. »


Le programme WILL soutient les avocates dans leur évolution vers des postes dirigeants grâce au mentorat, au coaching et à des moments de réseautage. Vous-mêmes, vous avez participé au programme. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Julie : « Le programme nous a permis de réfléchir à notre carrière et à notre style de leadership. L’un des constats les plus intéressants était que les femmes ont souvent tendance à minimiser inconsciemment leur travail dans leur mode de communication. Des petits mots comme « peut-être », « un peu », etc., peuvent sembler anodins, mais ils font perdre inutilement en force de persuasion. On a attiré notre attention sur l’usage de ces mots pendant notre présentation.

Eline : « Pour moi, le contact avec des femmes dirigeantes d’autres grands cabinets a été une véritable source d’inspiration. La présentation du plan de développement commercial devant un jury externe professionnel et le coaching personnel m’ont aidée à préciser la direction que je souhaitais prendre. »

Jasmina : « Moi, ce qui m’a vraiment ouvert les yeux, ça a été de me rendre compte que les choses ne s’excluent pas forcément. On peut être maman et faire carrière. Le fait aussi de comprendre qu’on n’est pas obligée d’imiter les autres, mais qu’au contraire, on peut – et même on doit – agir en fonction de ses valeurs personnelles, de ses forces et de ses choix a été très libérateur. En adoptant pleinement son style (féminin) unique et sa force, on peut faire preuve d’un leadership d’un nouveau genre, efficace. Une femme n’est pas obligée de suivre un modèle masculin pour diriger avec force et conviction. »


Eline : « Le leadership n’implique pas seulement de prendre de grandes décisions, c’est aussi l’attention que l’on porte à des éléments que d’autres négligent souvent. Cette implication fait plus de différence qu’on ne le pense parfois. »

Een vrouw met halflang blondbruin haar en een brede glimlach staat ontspannen tegen een witte wand. Ze draagt een aansluitende blauwe jurk en kijkt opgewekt opzij.Quels changements remarquez-vous dans votre approche ou votre état d’esprit depuis votre participation ?

Julie : « Ce parcours a renforcé ma confiance en moi en tant que leader. On y apprend que le leadership n’est pas inné, c’est une capacité qu’on doit développer activement. Le feed-back constructif de certaines associées d’autres grands cabinets sur ma présentation du plan de développement commercial m’a vraiment stimulée et a été très instructif. Elles m’ont dit que je pouvais tout à fait me réjouir de mes réussites, sans que ce soit de l’arrogance, mais je devais plutôt y voir une reconnaissance de ma valeur. »

Jasmina : « J’adopte une approche plus consciente concernant mon rôle et mon impact. Je veux évoluer en tant qu’avocate, mais je veux aussi apporter quelque chose en retour en inspirant les jeunes avocates et en leur montrant que l’on peut réussir chacune à notre manière. »


Jasmina : « En tant que maman aussi, on peut avoir de grandes ambitions. »

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ?

Eline : « Je veux continuer à approfondir mon expertise et, en même temps, contribuer de manière stratégique à la croissance à venir du cabinet. »

Jasmina : « Maintenir un bon équilibre entre le travail et ma vie de famille. Et poursuivre mes ambitions d’avocate. Ces deux éléments ne sont pas forcément incompatibles. »

Julie : « Je veux continuer à approfondir mon expertise dans le domaine du droit des entreprises tout en développant mon rôle dans le cabinet et en contribuant à la croissance constante du cabinet. Et, par ailleurs, je m’efforce d’être un modèle pour les jeunes avocates. »


Pour conclure, en regardant le parcours que vous avez accompli jusqu’à présent, quels conseils donneriez-vous aux jeunes avocates qui entament leur carrière ?

Eline : « Osez vous lancer et choisir un parcours personnel. C’est un métier exigeant, mais extrêmement enrichissant. »

Jasmina : « Restez fidèles à vous-mêmes et soyez fières de ce que vous réalisez. Même les petites réalisations méritent d’être mises en avant. »

Julie : « Cherchez-vous des modèles, partagez vos expériences et, surtout, soutenez-vous les unes les autres. N’ayez pas peur d’être ambitieuses ! »

Cet article a été écrit par

Besoin de conseils sur un sujet précis ?

Nous vous guidons vers la bonne personne ou la bonne équipe.